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In memoriam Professeur Jacques Beylot

Le Professeur Honoraire Jacques Beylot, Président honoraire de l’Université Victor Segalen Bordeaux 2, nous a quitté le 13 janvier 2026. Personnage marquant, il a laissé une forte empreinte à la fois sur le secteur santé local, national, ultra-marin et francophone.

Publiée le

Chevalier de la Légion d’Honneur, Officier de l’Ordre du Mérite, Commandeur des Palmes Académiques, il a accompli l’ensemble de sa carrière hospitalo-universitaire à Bordeaux de l’internat à l’agrégation.

En 1979, il a pris la chefferie de service en médecine interne à l’hôpital Saint André, fonction qu’il a occupée jusqu’en 2006. Très attaché à l’accueil des patients de toute origine et notamment des plus fragiles et des plus précaires, il a promu une médecine holistique intégrant les deux grands pans de la médecine interne : « les maladies systémiques, rares et ou d’étiologie indéterminée » et «  la médecine post urgences ».

Son impact sur l’émergence d’une médecine générale universitaire a été de premier plan au niveau local et national. Il a à ce titre créé le tout premier département de médecine générale en France.

Devenu président et vice-président du CNU santé 53 et 53.01, Jacques Beylot a rénové le fonctionnement de sa spécialité hospitalo-universitaire à une époque où la gériatrie et la médecine générale étaient intégrées à la médecine interne. Il a participé au livre blanc « La médecine interne en France » (2004), et a ainsi posé les bases d’une prospective actualisée consensuelle (universités/ facultés, CHU et CNU) de recrutement des HU de médecine interne et de gériatrie.

En parallèle, il a porté l’individualisation d’une sous-section spécifique à la médecine générale.

Directeur de l’UFR de médecine Hyacinthe Vincent, il est reconnu pour avoir mené de nombreux combats en faveur de la santé globale.

Il a en effet très tôt compris l’intérêt d’étendre le champ universitaire de la santé à côté des UFR Médicales et a créé l’UFR de santé publique qu’il a dirigée, puis faite transformée en Institut de Santé Publique, d’Épidémiologie et de Développement (ISPED). Grâce à lui cet Institut, le seul de ce type en France et un des plus importants en Europe, a permis à notre Université d’être une place forte en santé publique.

Il fut le fondateur visionnaire et emblématique, premier directeur du Département des formations de santé dans les DOM-TOM.

Missionné en 1972 par le professeur Henri Bricaud, premier président de l’université Bordeaux 2, pour assurer la validation des « cliniques » des étudiants effectuant un stage interné dans les hôpitaux des Antilles-Guyane, le professeur Jacques Beylot prend conscience des problématiques de santé et de formation en santé spécifiques à ces territoires éloignés.

Chargé d’améliorer la formation des médecins en aquitaine et par extension dans les DOM TOM par le président Latrille, le professeur Jacques Beylot conçoit et crée un département des formations de santé dans les DOM TOM, directement rattaché à la présidence de l’université.

Il a joué un rôle majeur dans la mise en place de l’internat outre mer amenant Bordeaux à piloter pour l’échelle nationale l’internat dans ces départements et régions. Il s’est investi de façon exemplaire sur le sujet jusqu’à la fin de sa carrière, élargissant le périmètre d’action de l’université à la francophonie. Outre les actions menées sur les territoires ultra-marins , il a développé des partenariats, l’île Maurice, et Madagascar notamment, permettant de proposer une formation médicale de qualité, prenant en compte les enjeux de santé publique et de médecine tropicale, tout en amenant progressivement les territoires à s’autonomiser partiellement.

Il a également développé des échanges avec l’Afrique francophone et l’Asie du sud-est francophone.

Son action s’est traduite par un appui majeur à la formation médicale et à la coopération universitaire, avec un impact durable sur la santé publique et la médecine dans ces régions.

Homme fidèle à ses idéaux, bâtisseur universitaire, concepteur du département de formation médicale permanente de l’université, c’est sous sa présidence (1992-1997) que l’université prend une nouvelle dénomination, en hommage à Victor Segalen, médecin de la marine, chercheur et poète visionnaire. Cette dénomination était liée aux liens forts qu’il souhaitait renforcer entre disciplines de santé et de sciences humaines et aussi à la dimension internationale qu’il s’est évertué à défendre notamment vers les pays du sud et de l’océan indien.

Au-delà des empreintes laissées par son enseignement auprès de nombreuses générations d’étudiants et d’internes, à la faculté ou au sein de son service hospitalier, les investissements institutionnels du professeur Jacques Beylot auront influencé durablement les structures hospitalières et universitaires bordelaises, et eu pour beaucoup d’entre elles un impact national qui persiste.

Nous  lui rendons hommage et adressons nos condoléances à sa famille ainsi qu’à tous ceux et celles qui lui sont proches.

 

 

Le collège des sciences de la santé